Coalition dynamique pour la diversité linguistique

Forum de la Gouvernance de l’Internet

Ligne d’Action C8 Diversité et identité culturelles, diversité linguistique et contenu local

Introduction

La Coalition Dynamique pour la Diversité Linguistique est une des coalitions reconnues au sein du Forum sur la gouvernance de l’Internet (Internet Governance Forum IGF) qui a été constitué par le Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI). Le Réseau Mondial pour la Diversité Linguistique – Maaya est présidé par son excellence Adama Samassékou, Président du PrepCom de la Phase de Genève du SMSI. Sous l’impulsion de son président, le réseau MAAYA agit en tant que coordinateur de cette coalition. Les objectifs de la coalition découlent des recommandations 29 et 53 de l’Agenda de Tunis concernant la gouvernance de l’Internet, à savoir :

29. Nous réaffirmons les principes énoncés pendant la phase de Genève du SMSI, en décembre 2003, selon lesquels l’Internet est devenu une ressource publique mondiale et sa gouvernance devrait constituer l’une des priorités essentielles de la société de l’information. La gestion internationale de l’Internet devrait s’opérer de façon multilatérale, transparente et démocratique, avec la pleine participation des Etats, du secteur privé, de la société civile et des organisations internationales. Elle devrait assurer une répartition équitable des ressources, faciliter l’accès de tous et garantir le fonctionnement stable et sécurisé de l’Internet, dans le respect du multilinguisme.

53. Nous prenons l’engagement d’œuvrer résolument en faveur du multilinguisme de l’Internet dans le cadre d’un processus multilatéral, transparent et démocratique faisant intervenir les pouvoirs publics et toutes les parties prenantes, en fonction de leur rôle respectif. Dans ce contexte, nous prônons en outre l’utilisation des langues locales pour l’élaboration de contenus, la traduction et l’adaptation, les archives numériques et les diverses formes de médias numériques et traditionnels et nous sommes conscients que ces activités peuvent également renforcer les communautés locales et autochtones. De ce fait, nous souhaitons insister sur la nécessité :

  • de faire progresser l’adoption du multilinguisme dans un certain nombre de secteurs : noms de domaine, adresses de courrier électronique, recherche par mot-clé ;
  • de mettre en oeuvre des programmes autorisant la présence de noms de domaine et de contenus multilingues sur l’Internet, et d’utiliser divers modèles logiciels pour faire face au problème de la fracture numérique linguistique et assurer la participation de tous dans la nouvelle société qui se fait jour.

Le Réseau Mondial pour la Diversité Linguistique – Maaya a été également désigné comme le modérateur du thème Diversité Linguistique de la ligne d’action C8 Diversité Culturelle et Linguistique du Plan d’Action de Genève.

C8 Diversité et identité culturelles, diversité linguistique et contenus locaux

23. La diversité culturelle et linguistique, qui entraîne le respect de l’identité culturelle, des traditions et des religions, est essentielle au développement d’une société de l’information fondée sur le dialogue entre les cultures et sur la coopération régionale et internationale. Elle constitue un facteur important du développement durable.

a) Elaborer des politiques qui encouragent le respect, la préservation, la promotion et le renforcement de la diversité culturelle et linguistique et du patrimoine culturel dans le contexte de la société de l’information, comme l’expriment les textes pertinents adoptés par les Nations Unies, notamment la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Il s’agit, entre autres, d’encourager les pouvoirs publics à concevoir des politiques culturelles favorables à la production de contenus culturels, éducatifs et scientifiques et au développement d’industries culturelles locales adaptées au contexte linguistique et culturel des utilisateurs.

b) Elaborer des politiques et des législations nationales pour permettre aux bibliothèques, archives, musées et autres institutions culturelles de jouer pleinement leur rôle de fournisseurs de contenu – savoirs traditionnels compris – dans la société de l’information, et plus particulièrement de donner accès en permanence aux informations archivées.

c) Soutenir les efforts visant à développer et à utiliser les TIC pour la préservation de notre patrimoine naturel et culturel, qu’il faut continuer à rendre accessible en tant qu’élément vivant de la culture actuelle. A ce titre, il convient d’élaborer des systèmes qui permettent de donner accès en permanence aux informations numériques et aux contenus multimédias archivés dans des dépôts numériques et de préserver les archives, les collections culturelles et les bibliothèques, mémoire de l’humanité.

d) Elaborer et mettre en oeuvre des politiques visant à préserver, affirmer, respecter et promouvoir la diversité de l’expression culturelle et des savoirs et traditions des populations autochtones, grâce à la création de contenus informatifs variés et à l’utilisation de différentes méthodes, dont la numérisation du patrimoine éducatif, scientifique et culturel.

e) Soutenir l’élaboration, la traduction et l’adaptation de contenus locaux, la constitution d’archives numériques et la mise en place de diverses formes de médias traditionnels et numériques par les autorités locales. Ces activités peuvent également contribuer à renforcer les communautés locales et autochtones.

f) Fournir des contenus adaptés à la culture et à la langue de chacun dans le contexte de la société de l’information, en donnant accès aux services traditionnels et numériques des médias.

g) Encourager, dans le cadre de partenariats public/privé, la création de contenus locaux et nationaux variés, notamment celle de contenus disponibles dans la langue des utilisateurs, et reconnaître et soutenir les activités fondées sur les TIC dans tous les domaines artistiques.

h) Renforcer les activités qui privilégient les programmes différenciés, dans l’enseignement scolaire ou extrascolaire pour tous et qui permettent aux femmes d’améliorer leurs capacités de communication et d’utilisation des médias, afin de rendre les femmes et les jeunes filles mieux à même de comprendre et d’élaborer des contenus TIC.

i) Développer, au niveau local, les capacités de création et de diffusion, d’une part de logiciels dans les langues locales, d’autre part de contenus adaptés aux différentes catégories de la population, y compris les analphabètes, les handicapés, les catégories défavorisées ou vulnérables, en particulier dans les pays en développement et dans les pays à économie en transition.

j) Soutenir les médias communautaires ainsi que les projets faisant appel à la fois aux médias traditionnels et aux nouvelles technologies pour faciliter l’usage des langues locales, la collecte d’informations sur le patrimoine local et sa préservation, en particulier en ce qui concerne la diversité des paysages et la diversité biologique, et reconnaître que ces médias constituent un moyen d’atteindre les communautés rurales et les groupes nomades et isolés.

k) Renforcer les capacités des peuples autochtones à élaborer des contenus dans leurs langues.

l) Coopérer avec les peuples autochtones et les communautés traditionnelles en vue de leur donner les moyens d’utiliser leur savoir traditionnel de façon plus efficace et d’en bénéficier dans la société de l’information.

m) Procéder à des échanges de connaissances, d’expériences et de meilleures pratiques concernant les stratégies et les outils conçus pour promouvoir la diversité culturelle et linguistique aux niveaux régional et sous-régional. Pour ce faire, confier à des groupes de travail régionaux et sous-régionaux l’étude de points spécifiques du présent Plan d’action afin de faciliter les efforts d’intégration.

n) Evaluer, à l’échelle régionale, l’apport des TIC aux échanges culturels et aux relations culturelles réciproques, et, au vu des résultats de cette évaluation, élaborer des programmes appropriés.

o) Les pouvoirs publics devraient promouvoir, dans le cadre de partenariats public/privé, des technologies et des programmes de recherche-développement dans différents domaines, tels que la traduction, l’iconographie ou les services à assistance vocale, ainsi que le développement des matériels nécessaires et de divers modèles de logiciels, dont des logiciels propriétaires, des logiciels à code source ouvert et des logiciels libres, tels que polices de caractères normalisés, codes langage, dictionnaires, outils terminologiques et thésaurus électroniques, moteurs de recherche multilingues, outils de traduction automatique, noms de domaine internationalisés, référencement de contenus et logiciels généraux et d’application.

Pour des raisons de synergie et de cohérence, les deux actions de Maaya, d’une part dans le cadre du Forum de la Gouvernance de l’Internet, et d’autre part dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan d’Action de Genève sont rassemblées, au sein de cette coalition dynamique, sous l’impulsion du Président Samassékou. La Coalition constitue donc aussi l’équipe multi-partie-prenante pour la mise en oeuvre du thème Diversité Linguistique du Plan d’Action de Genève.

Objectifs du Réseau Mondial Maaya, coordinateur de la Coalition dynamique pour la Diversité Linguistique et modérateur du thème Diversité Linguistique pour la mise en oeuvre du Plan d’Action de Genève :

  • Encourager la société civile, le monde économique, le monde de la recherche et les ONGs, ainsi que les gouvernements et les institutions à envisager, adopter et mettre en œuvre des mesures favorisant un multilinguisme équitable ;
  • Promouvoir une éducation multilingue basée sur la langue maternelle qui contribue à favoriser la capacité de libre expression linguistique et culturelle de la communauté concernée de manière à garantir l’égalité et la parité sociale ;
  • Promouvoir la multilinguisation des logiciels et l’égal accès de toutes les langues au cyberespace et au monde informatique ;
  • Faciliter la « capacitation » des communautés linguistiques à travers le monde pour la maîtrise du développement et pour la défense de leur propre langue et de son usage ;
  • Contribuer à la création et au partage de ressources linguistiques ;
  • Suivre la mise en œuvre des politiques linguistiques et servir de point focal pour des projets de recherches linguistiques.

Organisation de la Coalition dynamique pour la Diversité Linguistique

Comme il a été rappelé la Coalition agit aussi en tant qu’équipe multi-partie-prenante pour la mise en oeuvre du thème Diversité Linguistique du Plan d’Action de Genève. L’organisation intègre donc ces deux composantes.

Le Réseau Mondial pour la Diversité Linguistique – Maaya, sous l’impulsion du président Samassékou, est le coordinateur de la coalition, et à ce titre, les membres de Maaya font partie, d’une manière opérationnelle, de la coalition. Par contre les membres de la coalition ne font pas automatiquement partie du Réseau MAAYA. L’inscription au sein du réseau Maaya est régie par les statuts du réseau.

L’inscription au sein de la Coalition Dynamique est un processus informel ouvert à toutes et à tous : organisations intergouvernementales, gouvernements, société civile, secteur privé et tous les hommes et femmes de bonne volonté. Il suffit de s’inscrire à la liste de courriel ou bien de le signaler au coordinateur si pour une raison ou pour une autre, un membre ne désire pas figurer dans la liste de courriel. Sur leurs demandes, les membres de la coalition sont listés publiquement sur le site pour permettre une coopération et un dialogue inclusifs et efficaces.

La liste publique des membres de la Coalition est actuellement :

  • Réseau MAAYA (maaya.org)
  • SCASI Société Civile Africaine pour la Société de l’Information (www.acsis-africa.org)
  • EuroLinc (www.eurolinc.eu)
  • Институт развития информационного общества – Institute of the Information Society (www.iis.ru)
  • Tour Mondial de la Société de l’Information (wtis.org)

Deuxième réunion du Forum sur la gouvernance de l’Internet

La deuxième réunion du Forum sur la gouvernance de l’Internet (Internet Governance Forum IGF) aura lieu du 12 au 15 novembre 2007 à Rio de Janeiro, au Brésil. La session de la Coalition dynamique pour la diversité linguistique se déroulera le 13 novembre. Les intervenants sont :

Présidente de la session : Viola Krebs (Maaya, ICV)

Многосторонние и многоязычные аспекты управления использованием интернета

(Aspects mutlipartenarials et multilinguistiques de la gouvernance de l’Internet)

Tatiana Ershova (Institute of the Information Society, Moscow, Russia)

Intregración de la traducción por programa en listas de discusión : balance de una experiencia pionera y perspectivas

(Intégration de la traduction par programme dans les listes de discussion : bilan d’une expérience pionnière et perspectives)

Daniel Pimienta (Funredes)

The Languages of the Asian Web

(Les langages de la Toile Asiatique)

Dr. Shakrange Turrance Nandasara (Advanced Digital Media Technology Center, University of Colombo School of Computing)

The Languages of the African Web

(Les langages de la Toile Africaine)

Dr. Shigeaki Kodama (Nagaoka University of Technology)

Diversité linguistique et culturelle en Afrique

Edgard Mandrault (ACSIS)

Conclusions et Recommandations

S. E. Adama Samassékou (ACALAN, Maaya)